De nombreux investisseurs pensent qu’investir dans des fonds qui achètent des sociétés non cotées en bourse (ce qu’on appelle des « fonds de capital-investissement ») plutôt que dans les autres peut générer un plus haut rendement. Les fonds de capital-investissement ont gagné en popularité récemment auprès de grandes institutions (notamment de fonds de pension et de compagnies d’assurance) et d’individus aisés qui cherchent à maximiser leurs rendements dans une période où les taux d’intérêt sont faibles.
Mais ont-ils tort ? D’anciennes études universitaires suggéreraient que non, mais le nouveau travail de recherche, « Risk and Expected Returns of Private Equity Investments: Evidence Based on Market Prices », mené par le Dr Roman Kräussl de la Luxembourg School of Finance de l’Université du Luxembourg, Narasimhan Jegadeesh (Goizueta Business School, Emory University et NBER) et Joshua M. Pollet (College of Business à l’University of Illinois à Urbana-Champaign) sème le doute.
« Nous avons trouvé un moyen d’éviter ce biais »
« Les études existantes sont sujettes au biais de sélection », a expliqué le Dr Kräussl. « Elles reposent sur des informations communiquées par les partenaires généraux des fonds ou par de grands investisseurs, qui n’ont souvent pas les mêmes expériences que l’investisseur typique en capital-investissement. Nous avons trouvé un moyen d’éviter ce biais. »
Le Dr Kräussl et ses collègues ont analysé la performance boursière des fonds détenteurs de portefeuilles de sociétés de capital-investissement. Il s’agit d’une évaluation fiable du rendement des placements en capital-investissement, étant donné que les prix des actions de ces sociétés fluctuent en fonction de la performance de leurs portefeuilles d’investissement.
Il en ressort que les prévisions de la performance à long terme des placements en capital-investissement diffèreraient à peine de celle des indices boursiers normaux (entre - 0,5 et + 2,0 %). En d’autres termes, les rendements attendus sont très similaires à ceux des titres cotés sur les grandes bourses. Il a par ailleurs été constaté que le risque systématique des start-ups (c’est-à-dire des placements en capital-investissement) était similaire à celui des investissements dans les marchés d’actions cotées des petites et moyennes entreprises.
L’article sera prochainement publié dans la prestigieuse revue académique The Review of Financial Studies.


















